06.02.11 - 10h49 par Fightway
Préparation et combats de Briac
Allez je me lance dans un report du Fightway Cup 2011. Je vais commencer à l'origine du projet et remonter au mois de Février.
1 ) Le Régime
J'ai l'honneur d'être le témoin du mariage de mon ami d'enfanceGeo, qui épousera sa charmante rouquine le 17 juillet prochain. Geo est un poids lourd de 116 kilos au moment des faits et moi un « gros porc » dixit la team Warriors affichant 97 kilos au retour d'un petit séjour à Londres.
L'engagement est pris de faire passer Geo en dessous des 100 kilos et moi de l'accompagner dans le régime car ça ne me fera pas de mal, même si paradoxalement je ne me sens pas gros ( ce qui est bien sûr une vue de l'esprit car je suis un gros tas).
On est au milieu du mois de février et Kael qui est mon ami, mon coach et mon partenaire en affaire se moque de moi. On prend le pari que je fais moins de 80 kilos pour le VIC qui aura lieu deux mois plus tard. Puisqu'il aura sûrement oublié, j'ai gagné le droit de lui mettre ne gifle devant toute la bushido. Je choisirai bien sur le meilleur moment pour lui arracher la tête comme il se doit.
J'aimerais accélérer la suite de l'histoire mais je me dis que ça peut servir à certains qui voudraient se lancer dans l'aventure. Concrêtement pour perdre du poids, je mange uniquement des légumes pendants deux semaines et je perds dix kilos. Par contre je suis tout blanc et plus du tout possible de m'entraîner. Je gagne par la même occasion le charmant surnom de Garlic…merci Vincent et Chaoki. Alors je décide de céder à l'hyper protéine jusqu'à arriver à moins de 80. Je passe du tout légume au tout viande. Un choix intéressant qui me permet de gagner mon pari et d'être à moins de 80 pour l'étape marseillaise du Vic Selection en avril.
2 ) Envie de combattre : PFC Selection
Puis on plaisante avec Kael quand je lui dit que je peux descendre à 70, il me dit que si c'est le cas il me fait combattre où je veux. On décide alors de faire un combat de préparation en la matière du pfc sélection du 21 Mai, à 71 kilos. C'est du pancrace classe C, pas de risques, et ça me fera une expérience avant de voir plus gros.
Malheureusement le régime à base de viande commence à atteindre ses limites et je stagne vers les 77 kilos. Je suis très méthodique et je note mon poids chaque jour sur un tableau en voyant que je ne perds plus, j'amorce un changement tactique. Kael me donne la première partie de la solution, il me dit que si je fais une heure de vélo d'appartement par jour je vais forcément perdre du poids. Je l'écoute et me lance en plus dans un programme d'alimentation efficace pour la perte de poids. Je mange toutes les deux heures, du poulet, ou un œuf. De 10h à 22h. Je prends des Fat Burner, des vitamines bion 3 senior et hop je suis à 71 kilos le jour du PFC Selection.
Malheureusement pendant la perte de poids j'ai accumulé des petits tracas comme de l'eczéma, des problèmes d'audition qui m'ont obligé le matin du combat à faire des inhalation de cortisone, deux semaines avant je me tranche l'index en jardinant et ne peux plus faire de sparring etc…Mais c'est notre lot à tous, inutile de pleurer, et comme dit le sage Mickael Metton « Au charbon Mister Briac ! »
Je m'aperçois qu'à la fin de la première page on est encore sur l'origine de l'histoire mais ce n'est pas grave, ça fait tellement parti du truc que je ne me vois pas passer outre.
Je dois combattre un gentil garçon de la Team Prana. Pour faire simple, et par rapport à l'analyse de mes coachs Kael et Mehdi, je sais que le combat doit rester debout sinon je vais avoir des soucis. En montant sur le tapis je ne sens plus du tout mes jambes me porter. Le casque, obligatoire en classe C, est aussi très gênant…surtout qu'il ajoute une couche supplémentaire à mon audition diminuée.
Le combat commence et se termine une minute plus tard. En demi garde sur mon adversaire je me fais facilement retourné et soumettre. Moi qui ait tendance à dire que je suis dur à soumettre quand on attaque mes bras me fait encore avoir à mon propre jeu. Mais impossible de défendre, mon corps pesait deux tonnes, je n'avais pas de force. Bref je sors du tapis, je me dispute avec Kael, je suis super tendu, j'en veux à tout le monde et en premier à moi d'avoir fourni une telle prestation.
Mais j'ai la chance d'être dans une équipe de malade qui n'hésite pas à me faire un gros câlin collectif pour me remonter le moral. Pour cet évènement je laisse la conclusion à Vincent Del Guerra qui a dit : « Tu t'es comporté comme une merde mais c'est pas grave on oublie ».
3 ) Rebondir après l'échec : La Fightway Cup
Le lendemain, bien sur fort dégoûté, j'essaye d'arrêter de penser de la façon suivante : « Tu as gâché trois mois de ta vie pour rien, tu es passé pour un con etc.. ».
Non, je sais que j'ai merdé et je m'interdis de revivre ça. Je décide de prendre mon ipod et d'aller courir. Je me dis que 20 minutes ça sera déjà bien mais que si j'étais sérieux je ferai la Plaine – la Pointe rouge (pour les marseillais). Et au bout de 20 minutes n'étant pas fatigué, je pousse et je continue pour finalement arriver au trajet dont je rêvais. Je reviens chez moi 1h40 plus tard pas peu fier d'avoir autant couru.
Je renouvelle l'expérience le lendemain mais je dois abandonner sur le retour car mon genou est bloqué et ma hanche me fait souffrir comme un octogénaire.
J'ai enfin Kael au téléphone, on débriefe un peu le PFC sélection et on se projette sur la fightway cup. Je lui dis que je me sens de la faire, je pensais alors à la partie grappling du délire. Il me répond que si ça me dit, il peut me trouver quelqu'un pour le Pancrace, afin de rentabiliser toute la préparation déjà effectuée.
J'accepte sur un coup de tête et je me retrouve donc engagé sur un combat France vs Belgique pour trois semaines plus tard. Car Kael est le matchmaker le plus rapide de l'histoire, c'est bien connu.
Pas évident de faire comprendre aux proches que c'est reparti pour un régime, une préparation etc, mais pas moyen de renoncer non plus. La fightway cup est le 12 juin, j'aurai 30 ans le 16 juin. Je veux terminer mes 20 ans en étant au top physiquement.
4 – Gestion du poids pour la Fightway cup
En trois - quatre jours et en mangeant comme un bâtard je suis à nouveau à 78 kilos, alors que j'étais à 71. Le combat est prévu à 73 et j'estime que se présenter au bon poids, c'est mon taff à partir du moment ou j'ai accepté de participer. En fait la privation pour le premier combat était telle que je tombe dans une phase de boulimie. Je ne sais pas quoi manger et le salut viendra de la découverte du soja. En effet, je découvre ces petits steaks avec des goûts plutôt agréables et délaisse rapidement le poulet et autres viandes pour ces trucs. Physiquement je me sens bien et comme je n'ai finalement pas tellement à perdre je me dis que je vais compléter le soja avec la Whey, de la créatine, des fat burner et des acides aminés. Ce qui donne un sacré cocktail au final. Mais ça me maintiens super en forme et sous la cure ça me convient tout à fait. Je ne souffre plus d'eczéma, l'audition va mieux, l'osthéo fait des miracles sur mon genou…
Ca représente un petit budget mais j'estime que c'est nécessaire.
5 – Modification des entraînements.
J'exerce le doux métier de pigiste pour le magazine Public.fr. J'ai donc la chance de ne pas faire d'efforts physiques, de travailler à la maison, et d'avoir pas mal de jours où je ne travaille pas en plein. Malheureusement je bosse souvent le soir, du coup ça m'empêche de me rendre en club pour m'entraîner… Et justement le manque de sparring est selon mes coachs de la BA, la raison directe de ma précédente défaite. Je suis donc chaleureusement invité par Vincent Del Guerra à rejoindre les entraînements de sa Team Warriors. Vincent fait un boulot de dingue en tant que coach pour un public assez jeune, mais ses élèves sont tous très motivés. J'ai la chance de pouvoir faire des sparrings un peu plus durs que ce dont j'ai l'habitude et ça m'enlève une partie des craintes. J'ai beau me faire totalement dominé par Vincent, au moins je vois ce que je dois travailler et ce que je dois arrêter de faire. Rassurez vous je reste un Garlic…
Mon planning de boulot tombe et à 20 jours du combat je m'aperçois que je ne pourrai jamais me rendre à la Bushido Academie le soir. Qu'à cela ne tienne, si je ne peux pas aller me faire taper, mes coachs vont venir me tabasser.
J'ai donc Kael qui me surfe dessus à la moindre occasion. On travaille ensemble la lutte gréco, la libre et le sol. On n'insiste pas trop sur le pied poing car on avait déjà bien travaillé ça ensemble, alors autant profiter de ces arm drag démoniaque et ses frottements de barbe incessants.
L'autre coach de la BA Marseille, le violentissime Mehdi anime un stand MMA sur la plage à l'occasion d'une manifestation sportive. Je vais donc pendant deux heures faire de la patte d'ours, enchaîner les sparrings et me faire pulvériser par à peu prêt tout le monde.
Je ressors de là , crever, pas super confiant et avec les pieds brûlés. Mais impossible de faire machine arrière.
Vu ma prestation aux pattes d'ours, j'arrive à la conclusion que je n'ai vraiment pas de puissance dans les poings, et que je pourrais frapper n'importe qui plein fer ça ne lui ferait que l'effet d'une claque.
Histoire d'enchaîner les sparrings, je demande à Najim Elkebar, prof de Krav maga de m'accueillir à son academie et de m'aider dans la préparation. On est à deux semaines de l'échéance et j'ai plus que jamais besoin de tourner. Il va adapter son cours à ma prépa et je vais pouvoir lutter avec tout le monde. Je pratique au sol avec des mecs lourds et qui compensent leur manque de technique par la puissance. Exactement ce qu'il me fallait car avec la perte de poids je n'arrive plus à jauger de ma force. Je suis super content au sortir de cet entraînement…Mais c'est pour mieux déchanter les jours qui suivent.
Je me fais littéralement explosé par tout le monde le mardi, mercredi et jeudi…A tel point que le vendredi je préfère me consacrer uniquement à la préparation physique histoire de ne pas me suicider.
Quand je dis « exploser » c'est que je ne me sens confiant dans aucun domaine et quand encore une fois je dois cogner dans des pattes…c'est pas brillant. Deux guimauves qui s'écrasent aussi lentement que mollement sur des pattes qui n'hésiteraient pas à rigoler si elles le pouvaient.
C'est là qu'entre en jeu le vicieux Fouad Mesdari. Je l'ai sollicité pour ma préparation car on se connaît depuis un moment et alors que j'ai déjà était dans son coin quelques fois, il est temps pour nous d'échanger les rôles.
Avec lui les exercices sont simples…je fais des jabs. Puis je fais des contres. Et après je fais les deux plus des esquives. Et quand ça ne va pas, je n'ai qu'à recommencer dans l'ordre.
On se lance aussi sur des exercices de shadow boxing avec une consigne qui peut paraître stupide mais dès le moment ou il dit « top », je dois lâcher une combinaison en poing. Il apparaît au bout de quelques « top » que le jab jab uppercut crochet made in bushido est bien inscrit dans mon adn.
Pendant les deux trois jours suivant Fouad fait de son mieux pour corriger les défauts de ma boxe, et me redonne confiance en faisant semblant que je m'améliore. Et le pire c'est que je le crois.
Mardi, 5 jours avant le combat, dernière séance avec Kael. Lutte, lutte, lutte, sol. J'ai l'impression de ne rien faire, et c'est à peu prêt le cas. Mais comme Fouad, Kael change de tactique et au lieu de me traiter au choix de « fiotine, pédale, sidaique », il dit que ça va, que j'ai une bonne lutte et que ça devrait bien se passer.
Depuis quelques entraînements j'ai mon bras droit et l'épaule qui fatiguent vite, je ne sais pas l'expliquer mais rapidement je n'ai plus de force dans ces membres. On décide donc d'arrêter là, la partie technique et de consacrer les derniers jours au physique.
Toujours amoureux de mon vélo d'appartement je me fais 2h20 devant X Factor car tant qu'à devoir le regarder pour le boulot, autant en profiter…Fin de semaine cool, je fais du vélo, des tractions et quelques séances de shadow tout seul à la maison.
Je suis parfait niveau poids et selon mes calculs je suis même trop bas le jeudi avant le combat. Je peux donc manger un super burger avec mes coachs et voir mes frites s'envoler une par une dans la bouche de l'appamm.
6 - Le jour de la Fightway Cup
J'ai deux options.
1) j'arrive en scooter à 9h pour la pesée, je peux manger direct mais je suis fatigué parce que je ne me lève jamais si tot.
2 ) j'arrive un peu plus tard, c'est plus problématique niveau faim et soif mais je m'économise de la fatigue et je monte avec mon pote Geo qui a lui aussi atteint son objectif et fait maintenant 99 kilos. Congratz bro !
Bref option 2 obligatoire vu que j'ai bien du mal à dormir la veille. J'ai fait mon possible pour ne pas me projeter, ni visualiser le match. Ce qui ne m'empêche pas de multiplier les tours sur la balance pour être sur d'être au poids, et les petits enchaînements de boxe devant le miroir.
Téléportation vers la fightway cup qui a lieu dans la salle de la Martine. Le quartier de Marseille où se déroule le tournoi est sur le papier pas terrible mais dans les faits il s'avère que le lieu est parfait. Bonne salle, facile d'accès, parking accolé…
A la base le combat est prévu pour 13h mais finalement on l'annonce à 15h. Un petit contretemps qui ne change rien, au contraire, ça m'arrange car ayant manger un peu tard, ça me laisse le temps de digérer. En parlant de digestion, sous l'effet de la nervosité ou tout simplement du régime alimentaire, je suis contraint de me rendre aux toilettes deux trois fois…Un phénomène physique qui ne me rassure pas sur ma condition.
L'horloge tourne, j'essaye de ne pas trop me disperser ou m'user dans les gradins. Je soutiens aussi fort que possible les copains qui font du grappling mais sans trop m'emporter ou m'impliquer dans les combats.
Kael m'indique que le combat aura lieu à 15h15 et qu'à 14h30 il est temps de me préparer. Je au revoir aux copains venus spécialement et file m'habiller dans un des nombreux vestiaires vides. Ayant testé le Jack3d pendant quelques jours, je décide que ce sera ma boisson pré échauffement. Enfin prêt je rejoints les autres sociétaires de la BA, John Ramon et Lova dans les vestiaires du club.
L'horloge tourne, je m'échauffe tranquillement jusqu'à ce que je me décide à entamer moi-même les bandages. J'avais voulu combattre sans au PFC et comme je me suis juré de ne plus contredire mes coachs, cette fois ci bandage obligatoire. Je fais un truc dégueulasse et super léger. Heureusement James Schiavo arrive et prend les choses en main. Il me fait des super bandages, ne m'écoute pas quand je lui dis que je trouve que c'est trop et je m'incline face à l'expérience. Et puis James c'est pas un mec qui communique du stress, au contraire, il est tellement posé que ça rassure. Michael Daboville me fait un peu répéter les combinaisons de boxe et là il se passe un truc étrange. J'ai l'impression de frapper fort pour la première fois depuis le début de la préparation…mes jabs font du bruit, mes contres rentrent bien.
On m'appelle depuis quelques temps au micro et il est temps d'y aller. Je monte sur le ring avec pas mal de stress. Je ne connais pas cette surface et ce ne sont pas les quelques shadows que j'ai fait dans la journée dessus qui changent grand-chose. J'ai une peur stupide, celle d'avoir le vertige une fois sur le ring.
Mais en fait non, je stresse un peu, je respire fort. Je vois passer Fouad, speaker improvisé du jour et je lui fais signe de venir. Je suis interrompu par James Schiavo qui me dit d'arrêter de stresser « fait toi plaisir. Tu t'es préparé pour ça. Les gens sont venus te voir mais déjà ils sont fiers de toi. C'est pas rien dans une vie de combattre. Profite et fait le pour toi.» Bref le genre de discours qui vous remonte directement et vous rassure. Kael est aussi dans mon coin et me fait sentir qu'il a entièrement confiance.
7 ) Le combat
Pas du tout envie de me lancer dans une guerre psychologique ou autre. C'est pas mon truc, je suis un gentil garçon, et c'est cette face là que je veux montrer, pas envie de changer de nature juste pour essayer d'intimider. Je salue donc mon adversaire Stephane Daye de la Team Bacchi, ainsi que ses coachs. J'essaye de sourire un maximum et de partir dans l'esprit « on va se taper mais c'est juste pendant deux rounds. En dehors de ça on peut être super copain ».
L'arbitre indique qu'en cas de down, contrairement à certains évènements, le combat continuera et si on ne saisit pas l'opportunité de finir alors tant pis.
Je résume le combat de mémoire car je n'ai pas eu la chance de le revoir encore.
Ca commence, j'ai vraiment à cœur de contrôler le centre du ring car c'est ça que m'on demandé Mehdi et Vincent en permanence. Le premier échange arrive et c'est Stephane qui envoie les poings, je fais un retrait mais n'arrive pas à me détendre assez pour lâcher le contre.
Je reprends le centre du ring jab et uppercut qui touche directement le menton et met Stephane sur les fesses. Je suis à la fois surpris et je n'ai pas envie d'aller au sol, alors je ne suis pas l'action. A priori j'ai même tourné le dos à la scène selon les spectateurs…
En reprenant debout il me semble que j'arrive encore à mettre un down et on se retrouve au sol. J'ai mon adversaire dans ma garde et m'en remet à mes coachs pour défendre. J'essaye de contrôler ce qui est possible de contrôler, à savoir nuque, underhook etc mais ça ne suffit pas. Je commence à perdre la garde totale et je n'ai plus qu'une jambe. Etant positionné sur ma hanche gauche et persuadé d'avoir un bon renversement de coté je tente le truc. Je donne quasiment mon dos mais finalement j'arrive à me retrouver au dessus dans la garde de Stephane.
Il y a quelques mois, je vous aurai juré que le sol était mon point fort, mais après mon expérience à la Bushido je sais que ce n'est pas le cas. J'applique donc la stratégie des coachs. Je bloque le jeu, contrôle les biceps, pose ma tête contre son ventre et attends de remonter.
Une autre phase debout se termine au sol à la fin du premier round et il reste trente secondes quand je suis dessus dans sa demi garde. Je sais que j'ai gagné le round, Kael vient me le dire, et je ne veux pas prendre de risque. Toutefois James continue à me donner des consignes précises et j'essaye de fatiguer Stéphane en lui appuyant l'avant bras sur la gorge et en maintenant la pression.
Round terminé, le cardio va bien, je suis dans un rythme de croisière, les phases au sol ne m'ont pas coûté d'énergie et debout rien de terrible. Les consignes du coin sont de continuer sur des séries en poing et de sortir. Ne faire que ça jusqu'à épuisement de l'adversaire. Je rentre, je sors. Je ne prends pas de risque.
Le combat commence je ne sais pas comment on se retrouve au sol mais je suis dans la garde de Stephane. J'essaye de bloquer le jeu mais cette fois ci c'est plus dur. Ses coachs l'incitent à travaille une kimura. Je le ceinture du mieux que je peux ce qui empêche son travail. Mais j'entends mon coin dire arrête de ceinturer ! Alors je pause mes mains sur le côté… « Ne pose pas tes mains au sol ! Met les sur les hanches et appuie avec ta tête. » Plusieurs fois Kael et James me signalent que la garde est ouverte et que je peux partir. Mais j'ai tellement peur de remonter et de voir mon adversaire accrocher une cheville pour tenter une finalisation de dernière chance que je m'abstiens et laisse l'arbitre nous remonter.
Dans ces échanges je sens que le cardio s'envole un peu chez mon camarade du jour. Il me lâche un low kick dans la cuisse et je décide bêtement de lui rendre la pareille. En tant qu'ancien gros porc pas souple , c'est le seul coup de pied que je maîtrise. En touchant la jambe de Stephane, j'arrive à le faire chuter, mais hors de question de poursuivre au sol. Aussitôt remonter je lancer les poings et je fais mouche jusqu'à finalement mettre un uppercut qui déconnecte mon adversaire.
Je suis le premier surpris du résultat et aussi le premier un peu triste. Pendant quelques instants j'arrive à jouer le jeu de la victoire, lever les bras, poser pour la photo, mais très vite je m'inquiète pour Stephane qui est pris en charge par ses coachs et le staff. Finalement tout a l'air daller et ses coachs sont super gentils avec moi.
Bien sur dans mon coin c'est la folie, j'ai le droit à un porté par Kael, à une super accolade avec James qui me dit « Alors j'ai bien fait de te faire les bandes ? » et en sortant du ring c'est le festival des amis.
Je suis encore une fois soulevé au dessus du sol et ça fait super plaisir de serrer dans les bras tout ce qui m'ont soutenu.
L'euphorie passée mon corps accuse le coup, et je n'ai plus de souffle, plus de force et juste ce qu'il faut pour remonter voir les copains dans les tribunes qui ont hurlé pendant tout le match.
Je me repose un peu et décide qu'il est temps de recevoir ma récompense ! Pizza + coca !
Je n'enlève toujours pas mes bandes ni ma tenue de pudique du pancrace qui ne veut pas dévoiler son beau torse velu…Et là c'est marrant, mais dans les tribunes, en marchant dans les couloirs, tout le monde me félicite. Même des gosses qui me disent « monsieur tu es le plus fort ! »
C'est super drôle de vivre ça pendant quelques minutes. Finalement je vais dans les vestiaires enlever mes bandes et c'est Michael Daboville qui résume bien l'état d'esprit qu'il faut avoir dans ces moments là : « Ca c'est bien passé. C'est ça que je me dis quand je gagne…cette fois ci ça c'est bien passé ».
Je regarde le combat de mon Teamate Jo Ramon qui finalise un triangle de toute beauté et remporte donc le deuxième match de pancrace de la journée.
Mais il est déjà temps pour moi de quitter l'aventure. Je suis attendu pour écrire des news people et croyez moi Paris Hilton n'a que faire de nos bagarres, elle lutte chaque matin pour choisir son vernis et ça c'est pas rien !
Je vais pour quitter la salle, avec mon coca et ma pizza quand je me fais arrêter par un mec portant un sweat à capuche. C'est Stephane Daye...d'un coup toute la pression retombe, une partie de moi avait tellement envie de le voir. On peut enfin parler et devenir pote. On échange quelques anecdotes et on s'aperçoit qu'au final on apprend quelques trucs sur Facebook sur ses adversaires mais c'est souvent débile comme information. Par exemple moi je savais que Stephane avait un physique proche du mien, que ce n'étais pas un gros black comme Geo le pensait…Lui pour sa part m'avait vu à plus de 90 kilos montrant une mauvaise défense de low kick et c'était dit : « c'est ce gros mec que je prends ? ».
J'apprends aussi que la coupure derrière sa tête, qui a obligé l'arbitre à l'éponger durant le combat est en fait un choc contre un de mes genoux. Je ne me souviens même pas de la situation…
Je suis obligé d'avouer à Stéphane qu'il m'a mis un low kick et que je n'arrive plus à replier ma jambe. Un espèce de coup à la Ken le survivant. En lisant ces lignes, il apprendra aussi que je boite toujours, trois jours après et que j'ai un mal de chien à dormir à cause de ça.
8 ) Et maintenant ?
Ma seule frustration est de ne pas pouvoir en parler à mes parents. Et oui, le 13 c'était l'anniversaire de ma mère et même si j'ai eu la chance de gagner, je sais que ça lui gâcherait tout de savoir que j'ai fait le sauvage sur un ring. Car celle qui s'écrit « au mon dieu petit Jesus que de violence » en voyant Kael ne cautionne définitivement pas notre sport préféré.
Je n'ajoute pas de remerciements car j'ai essayé de les faire un maximum par téléphone mais sachez que chacun à sa façon m'a aidé alors je laisse le mot de la fin à Issem « Tigre » de la team Warriors : « Tu peux gagner un combat tu restes un gros porc »
BriaX
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